STOP ! Aux agressions. Les cheminots en ont marre !

27 mars 2017

[AGRESSION]: Deux ASCT de Bourg en Bresse agressés à Sathonay Rilleux

Ce n'est pas un mais deux ASCT de Bourg en Bresse qui ont été violemment agressés aujourd'hui alors qu'ils effectuaient leur mission sur le TER 889429 parti de Bourg en Bresse à 13h31 et devant arriver à Lyon Perrache à 14h50. Tout à commencé à Mionnay. Un mineur de 16 ans monte à bord.  Un peu plus tard, le titulaire le contrôle et lui demande son titre de transport. Le jeune ne répond rien. L'agent B se met alors à lui demander son billet, le jeune répond qu'il n'a pas de billet et qu'il ne veut pas présenter de pièce d'identité par manque de confiance.
Un passager témoin de la scène rappelle alors au jeune mineur les missions des contrôleurs. Il réussit à convaincre le resquilleur à se faire verbaliser. Mais la situation s'est violemment dégradée. Peu après, alors que le TER entrait en gare de Sathonay Rilleux, le jeune de 16 ans s'en est très brutalement pris au titulaire, le frappant par surprise. Une pluie de coups selon les premiers éléments. Très vite, l'agent B, une femme, a essayé de s'interposer mais a elle aussi été frappée. C'est finalement le premier passager intervenu peu avant qui a réussi à éloigner l'agresseur sur le quai de Sathonay. L'agent B a joint les forces de l'ordre. Les militaires de la gendarmerie de Sathonay se sont déplacés et ont du agir à trois pour retenir et interpeller l'agresseur. Dans le même temps, le titulaire a été pris en charge par les gendarmes en attendant l'arrivée d'une RET qui l'a accompagné aux urgences. A l'heure actuelle nous ne savons pas quel est la gravité des lésions, il souffre néanmoins d'une commotion au front et de douleurs oculaires et se porte au plus mal moralement. L'agent B a été prise en charge à Lyon Perrache puis à Bourg en Bresse. Elle souffre de douleurs aux bras. Tout comme le titulaire, elle est fortement choquée. Les bandes vidéo de la rame ont été relevées.

L'agresseur est défavorablement connu des ASCT de Bourg en Bresse, sa famille est toute aussi défavorablement connue à Mionnay. Il a été placé en garde à vue.

Nous témoignons de notre solidarité, de notre empathie envers nos deux collègues sévèrement agressé. Nous sommes révoltés par les faits et par le mutisme, à cette heure ci encore, de la direction qui n'a rien communiqué officiellement.
A l'heure actuelle, le contexte local fait qu'il n'est pas envisageable pour les Bressans d'effectuer un droit de retrait global.

De nombreux rapports sûreté concernant la ligne des Dombes et de Saint Claude ont été remis à la direction ces derniers mois, sans qu'elle ne réagisse pour autant. Et pourtant, comme nous le répétons souvent, la direction, et l'employeur par délégation (personne physique) sont obligés de prendre des mesures pour protéger la santé physique et mentale des salariés. Là encore, nous sommes amers sur les mesures prises par la direction, quasiment inexistantes. Le climat de sûreté dans les trains TER de l'étoile Lyonnaise est loin d'être parfait. Le terrain n'étant plus suffisamment occupé, les incivilités et les agressions sur les agents et sur les passagers prolifèrent. Les numéros tels que 3117 ne sont absolument pas efficaces.
Le CHSCT de l'UO TER Annecy devrait prochainement être reçu par la direction.

Posté par SAALCEM à 20:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


28 février 2017

AGRESSION: Une ASCT du GCB de PSE agressée à bord d'un RER D

Une agression a eue lieu ce mardi matin vers 8h dans un RER de la ligne D, entre Paris et Juvisy. Une ASCT du GCB de l'ECT Paris Sud Est a été violentée lors d'une opération de contrôle en équipe. Prenant sur le fait une fraudeuse, notre collègue a entamé une procédure de relevé d'identité qui s'est rapidement avérée falsifiée. La contrevenante s'est ensuite énervée et a fait le choix de la violence pour se sortir de sa situation. Notre collègue a reçu une gifle. La situation a conduit l'équipe de contrôle à déclencher l'alerte IRIS, ce qui a ravivé la colère de la fraudeuse. Elle a essayé de revenir à la charge mais l'intervention du reste de l'équipe et de plusieurs usagers a mis fin aux violences. L'agresseuse a pris la fuite à Juvisy et n'a, selon nos informations, pas été interpellée à l'heure actuelle mais elle a été identifiée. Prise en charge, l'ASCT a été accompagnée au commissariat et aux urgences médico légales. Elle s'est vu prescrire 8 jours d'ITT et souffre d'un hématome et subit des conséquences psychologiques. Nous témoignons de notre soutien et de notre affection à son égard.

Suite à cette énième agression, les ASCT Transilien de PSE ont décidé de cesser leurs fonctions et d'exercer leur droit de retrait. Ils dénoncent les incessantes agressions dont ils font l'objet, celles également subies par les usagers et les dysfonctionnements constatés sur le dispositif IRIS qui, ce matin, n'a pas fonctionné. Ils ont aussi demandé un éclaircissement sur les rôles de la SUGE et de la police nationale. Une cinquantaine d'ASCT du GCB - ceux du SV TGV et TER n'ont pas rejoint le mouvement - ont imposé une réunion avec la direction et les OS à 14h et y ont assisté. La direction a fait part de sa solidarité envers les collègues victimes d'agressions et condamne les faits. Concernant les mesures à prendre suite aux dysfonctionnements de IRIS, elle est restée plus vague. Des retours CHSCT seront prochainement analysés et une modification d'IRIS serait étudiée dans un futur relativement proche.
En début d'après midi, le DET poussait à la reprise, le DUO tendait à trouver un arrangement pour qu'un minimum de missions soit accomplies (accueils en gares RER...) Les ASCT TN de PSE reprendront normalement leur activité demain matin.

Posté par Equipe redaction à 18:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 février 2017

[AGRESSION] Agression du TGV 6180 et au sujet du droit de retrait..

Deux ASCT Niçois ont subi une agression hier à bord du TGV 6180 Nice Ville 16h54 / Paris gare de Lyon 22h41. Un TGV qui avait été le théâtre, hier aussi, d'un autre incident sûreté entre Nice et Les Arcs Draguignan et qui est régulièrement source de problèmes. Selon des informations recoupées, donc quasiment fiables, un individu, militaire en permission, aurait "pété un câble" en voiture bar pour des raisons que l'on ignore encore. L'un des deux collègues a été frappé et souffrait hier soir de douleurs à une cuisse. L'agresseur aurait bien sorti une arme blanche sans en faire d'utilisation. Un arrêt supplémentaire a été crée à Mâcon Loché TGV pour que l'agresseur soit interpellé. Il a été placé en garde à vue. Nos deux collègues ont choisi de poursuivre jusqu'à Paris gare de Lyon. Ils ont été pris en charge, conduits aux urgences et au commissariat. Ils doivent être raccompagnés dans la journée sur Nice.
Les faits sont moins graves que les premières informations données mais doivent être soulignés et dénoncés, surtout vu le statut de l'agresseur. Nous témoignons de notre soutien envers nos deux collègues et leur souhaitons bon rétablissement.

La CGT cheminots a déposé un préavis de grève national couvrant l'ensemble des salariés des trois EPIC SNCF pour aujourd'hui. Ce préavis de grève est très suivi en région PACA. C'est notamment aujourd'hui que Christian Estrosi doit faire des annonces sur l'avenir du service ferroviaire en PACA. Une région malheureusement promise à des projets exécrables: EAS à partir du 1 mars. Fermeture de guichets. Poursuite de la suppression de postes de chefs de service.
La majorité des trains habituellement couverts par l'ECT PACA et circulant aujourd'hui sont tirés par des cadres ou des "volontaires" d'autres ECT.
La flambée des agressions sur l'axe TGV Sud Est est une réalité que nul ne peut nier. A part la direction. Nous sommes, pour plusieurs d'entre nous à gérer la page, bien au fait, et témoins, du climat régnant sur cet axe et en région PACA. La pertinence du droit de retrait ne peut pas être totalement remise en question par la grève nationale d'aujourd'hui et son intensité en région PACA. La démarche est individuelle. Les cheminots ont le droit de s'adresser à leurs mandatés CHSCT pour déclencher un droit d'alerte, en s'appuyant sur le nombre de faits rapportés sur les TGV Sud Est. Et pourront ensuite exercer massivement leur droit de retrait. La démarche n'appartient donc pas aux OS mais d'abord aux cheminots. Si les cheminots ne réagissent pas, ils ne pourront être soutenus par les OS. Les mandatés CHSCT ne pourront faire le travail de remonté tout seuls.
L'occasion est venue de dire, à l'aube des deux ans d'existence de la page, que si les cheminots ne réagissent pas plus que ça, pas ce cas précis d'hier mais généralement, aux agressions, nous serons nous aussi moins réactifs aux agressions et nous remettrons en cause notre travail d'information. Travail très difficile, se procurer des informations n'est pas tâche aisée. Éventuellement jusqu'à cesser notre travail bénévole. Car nous avons, de plus en plus, le sentiment de parler et d'agir pour rien.

Posté par SAALCEM à 12:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 janvier 2017

AGRESSIONS EN LORRAINE: Trop, c'est trop

Les ASCT de l'Etablissement Service Voyageurs (ESV) de Metz, nouvellement organisé en lieu et place de l'ECT Lorraine, exercent leur droit de retrait depuis ce mardi soir 17h. Il fait suite à une longue succession d'agressions et d'incidents sûreté sur les axes TER Lorraine, dont trois en gare d'Uckange.
Un droit d'alerte et une DCI avaient auparavant été déposées par les élus CHSCT de l'ESV TER, mis en place mi décembre pour répondre aux volontés de destruction de l'emploi et de la déshumanisation des TER et des gares, entraînant une montée scandaleuse du nombre d'agressions. 14 ont été recensées depuis mi décembre.

Parmi les faits, le 7 décembre, l'ASCT du TER 833610 Lunéville 16h54/Reims 20h37 a été agressé physiquement en gare de Lunéville.
Le 20 décembre, un ASCT a été agressé lors du contrôle sur un TER Lunéville/Nancy.
Le 20 décembre, c'est le TER 88523 Luxembourg 10h38/Nancy 12h11 qui fut le thêatre d'une agression verbale avec menaces de mort.
Le 25 décembre, un ASCT a été menacé de mort par une bande d'individus bloquant les portes d'un TER Thionville/Metz pendant la procédure de départ en gare d'Uckange. Des faits qui se sont à nouveau produits deux jours plus tard.
Aujourd'hui, 3 janvier, une ASCT a été agressée à Uckange, commune classée en zone de sécurité prioritaire. Elle aurait été molestée et menacée.

En outre, une rixe entre deux bandes rivales a eu lieue dans un TER circulant en EAS le 10 décembre. Et un ASCT a été menacé en intervenant pour mettre fin à une altercation entre deux passagers.

Peu ou aucun des protagonistes de l'ensemble des agressions n'ont été interpellés à ce jour. L'absence ou l'insuffisance d'acteurs sûreté en nombre suffisant et la non tenue généralisée des agents B et équipes de renfort génère ce climat d'insécurité, mettant en danger la population travaillant dans les trains et les gares ainsi l'ensemble des voyageurs. Ajoutons à cela une déshumanisation progressive des gares et le dangereux déploiement progressive de l'EAS. Ce cocktail est explosif et ne peut qu'entrainer une généralisation des agressions à l'encontre des cheminots et des usagers. La direction a beau se cacher derrière le "phénomène de société": c'est bien elle qui décide de déserter le terrain. Une action qui est l'inverse de ce qui devrait être fait face au "phénomène de société"

Les ASCT réclament des moyens efficaces et suffisants afin de procéder à leurs missions d'accompagnement, de sécurité et de prévention de la fraude et des incivilités sans risquer de se faire agresser verbalement ou physiquement.

Nous soutenons le mouvement de retrait de nos collègues Lorrains et suivrons la situation au plus près pour vous tenir informés.

Posté par Equipe redaction à 19:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 décembre 2016

AGRESSION: Un ASCT de Toulouse agressé sur un Toulouse/Ax les Thermes.

Une (nouvelle) agression s'est déroulée ce matin sur le périmètre Toulousain. Les faits ont eu lieu ce samedi matin dans le TER 871451 Toulouse 7h49 / Ax les Thermes 9h43, précisément entre Auterive et Cintegabelle. L'ASCT contrôle un passager prétendant avoir un billet de train sur son téléphone portable, mais celui ci était déchargé. L'ASCT lui prête alors son chargeur afin de scanner le titre de transport. Une fois le portable allumé, l'individu montre une photo du distributeur de billets régional en argumentant que l'automate n'a pu lui délivrer de titre de transport Midi Pyrénées Emploi. C'est alors que notre collègue lui demande si il a de quoi régulariser sa situation à bord ou si il a des papiers. Face aux réponses négatives, l'ASCT commence à établir un PV pour voyage sans titre de transport avec les informations contenues sur la carte Pastel, support billetique de la région. L'établissement du PV se déroule sans aucun incident. Mais alors que l'ASCT s'éloignait sur la plate forme, une fois le PV remis, le resquilleur le suit et lui assène deux coups de poings au visage et un au dos. L'ASCT réussit à éloigner son agresseur. Ce dernier désirait continuer d'en découdre. Un militaire en civil est alors intervenu afin de le maîtriser. L'ASCT a prévenu le PC sureté.
L'agresseur a été interpellé à Saverdun puis relâché par les forces de l'ordre; notre collègue avait d'abord décidé de ne pas déposer plainte. Finalement, l'ASCT a terminé son service à Foix pour y être pris en charge. Il souffrait alors de douleurs dorsales. Il a déposé plainte et a consulté un médecin dans la journée. Il a été placé en arrêt jusqu'à lundi, jour de la consultation du médecin légiste. L'agresseur a été interpellé en début de soirée grâce aux informations figurant sur la carte Pastel.

Cette agression est la énième survenue sur le secteur de Toulouse depuis début Novembre. Samedi dernier, un autre ASCT Toulousain avait été agressé à Carcassonne. Ayant un passager sans titre de transport, sans argent et sans pièce d'identité, notre collègue a appliqué une procédure de RI. Laquelle a été effectuée à Carcassonne par les forces de l'ordre. Une fois la procédure finie, l'ASCT est allé déposer ses affaires au local coupure et est ressorti afin d'aller se chercher à manger. Il a alors croisé le chemin du resquilleur ayant fait l'objet de la procédure de RI. Mécontent, il lui a asséné un coup de poing au visage. L'ASCT a été pris en charge à Carcassonne, conduit aux urgences où un RET d'astreinte l'a rejoint.

Nous témoignons de notre soutien à l'égard de ces deux ASCT agressés, ainsi qu'à tous les autres ASCT ou cheminots récemment agressés partout en France.

Lundi dernier, à bord du TER Lyon Part Dieu 10h24 / Saint Etienne 11h09, une Stéphannoise a été agrippée au col par un voyageur sans titre de transport qui avait auparavant copieusement invectivé le personnel SNCF en gare de Lyon Part Dieu. Maîtrisé à bord du TER, l'agresseur a été interpellé en gare de Givra Ville où notre collègue a été prise en charge. Placé en garde à vue, l'agresseur devrait fait l'objet de poursuites judiciaires pour les faits qui lui sont reprochés.
Jeudi, deux ASCT Grenoblois ont été agressés en gare de Grenoble, gifflés par une adolescente sans titre de transport pendant qu'ils la verbalisaient.
Durant la semaine écoulée, 4 agressions, non précisées, ont affecté des ASCT Ouigo. L'une a eu lieue mardi soir à Marseille Saint Charles, les ASCT ont reçu une bouteille jetée en pleine figure alors qu'ils rejoignaient leur lieu de couchage. L'auteur du geste aurait raté son train avant de s'en prendre aux collègues. Mercredi midi, une femme refusant de payer le supplément bagage de 20€ a forcé le filtrage et a frappé trois ASCT présents sur l'accueil embarquement. Les ASCT Ouigo ont exercé leur droit de retrait durant la matinée de vendredi. 

Posté par SAALCEM à 21:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


26 novembre 2016

TOULOUSE: Retour sur le droit de retrait et les phénomènes d'agressions sur la région

Mardi, les ASCT de l'ECT de Toulouse, résidences Toulouse, Montauban, Tarbes, Foix, Rodez et Capdenac, ont quasi majoritairement cessé le travail en exerçant leur droit de retrait. Ou dépôt de sac comme on dit dans le jargon. Pour eux, l'agression survenue lundi soir à bord du TER 870066 Toulouse 21h15/Carmaux 22h36 était celle de trop. Le vase, déjà bien rempli, a débordé. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont su rester très tenaces face à leur direction, mise en difficulté car prise entre le marteau (direction régionale) et l'enclume (les ASCT et les OS)

A 10h15, plusieurs dizaines d'ASCT en colère ont envahi un CHSCT extraordinaire. Un énième CHSCT sur les questions de sûreté sur les lignes TER Midi Pyrénéens. Disons-le, depuis début novembre, les élus CHSCT ne chôment pas et ne comptent plus leurs heures passées à rédiger des préconisations, partagées par la direction, et des PV de séance. Et ils réalisent un travail remarquable. En l'espace de 18 jours, cinq agressions ont été relevées, dont quatre physiques. Une dégradation vertigineuse de la sûreté sur l'étoile ferroviaire de Toulouse est constatée. Et malgré la hausse du nombre d'agressions, la direction persiste dans son démantèlement d'effectifs et la déshumanisation.

La veille au soir, un ASCT, décrit comme un bon gaillard, a donc été agressé dans le TER 870066. Reconnu comme sensible, ce TER avait été le théâtre d'une autre agression le 3 novembre 2016. Une ASCT avait été giflée et bousculée par trois individus. Elle en a ultérieurement reconnu deux parmi eux. Lundi soir, l'ASCT agressé a été pris à partie par deux jeunes femmes en situation irrégulière qui lui ont lancé un projectile, esquivé, et qui ont tenté de lui attraper les bras en le molestant. Elles seraient descendues à St Sulpice sur Tarn. Mais auraient vraisemblablement appelé des amis qui attendaient le TER en gare suivante afin d'en découdre avec l'ASCT. Ayant compris la situation, l'ADC n'a pas ouvert les portes et est reparti. Un réflexe qui a probablement évité une agression plus grave. L'ASCT agressé a été pris en charge. Il a déposé plainte et s'est vu prescrire une quinzaine de jours d'accident du travail.

Quelques jours auparavant, les élus avaient prévenu que les agents de l'ECT en avaient par dessus la tête des agressions. La direction a eu l'occasion de s'en rendre compte. Comme nous le disions, un rassemblement d'ASCT mixtes TER et TGV, militants syndicaux ou non, ont envahi la séance CHSCT et ont pris la parole devant un direction mal à l'aise. Une direction qui condamne les agressions mais qui n'a rien annoncé de concret. Après presque 1h30 d'échange, les ASCT sont redescendus et ont dialogué avec leurs représentants du personnel. La décision est tombée vers 11h30: droit de retrait, immédiatement suivi par la majorité des ASCT toutes résidences et toutes activités de Toulouse. 

Branlebas de combat à la direction régionale. Qui a mis tout en œuvre afin d'assurer un plan de transport minimum, comptabilisant le nombre de cadres volontaires pour faire de l'accompagnement sur les TER pendant que les RET étaient envoyés sur les TGV et les intercités. Mais en même temps, la direction régionale a demandé aux ASCT de reprendre le soir même à 16h faute de quoi elle mettrait... des sanctions ! Oui, vous avez bien lu. Des sanctions pour des salariés qui osent arrêter d'exercer leurs missions suite à un trop plein d'agressions ! Mais la menace de la direction régionale est restée vaine. Le ras le bol des ASCT a pris le dessus. Ils ont décidé de continuer de rester unis et de se liguer contre une direction totalement déconnectée de la réalité du terrain et qui rejette les problèmes ailleurs. Un phénomène de société, pour reprendre le célèbre terme générique. 
En soit, le droit de retrait n'a pas déclenché de coup de colère général des usagers, plutôt compréhensifs contrairement à ce que l'on peut constater sur d'autres régions (PACA et IDF)

Le mardi soir et la nuit suivante, les ASCT en situation de droit de retrait étaient soutenus par d'autres ASCT en repos ou ayant déjà fini leur journée, mais qui avaient décidé de rester sur place. Le directeur d'établissement, en déplacement la veille, est arrivé tôt le mercredi matin pour étudier la situation. Pendant ce temps, les agents en droit de retrait et restés dans les locaux (comme le veut la loi) ainsi que les représentants du personnel présents depuis le petit matin ont été sommés de quitter les lieux car ils étaient "en absence irrégulière" Or, les lois définissant le droit de retrait indiquent bien que le salarié doit rester sur son lieu de travail; résidence ASCT ou ECT dans ce cas. La sommation est restée vaine.

Réunis à 8h30 avec leurs élus, les ASCT ont discuté et ont décidé de maintenir leur action. La direction de l'ECT apparaissait d'une part moins sereine et d'autre part moins clémente. « On nous a dit que le droit de retrait n'est pas un moyen de revendication légal et a invité les OS à déposer une DCI », nous dit Norman *; ASCT sur les TER, excédé par la situation. Mais là encore, ça n'aura pas suffi à contraindre les ASCT à reprendre le travail. Du côté des ADC, certains d'entre eux ont reçu des "mises en demeure" de partir seuls en EAS. Aucun, ou très peu, n'a accepté de partir dans de telles conditions. Et, autre mauvaise surprise pour la direction, les mises en demeure adressées aux ASCT n'ont pas non plus eu d'effet. « La direction en a distribué une petite quarantaine », nous précise une source syndicale.
Dans la matinée de mercredi, les ASCT ont eu de nouveaux échanges houleux avec leur direction, qui continuait son chantage aux sanctions. Un des cadres a été surpris à manifester des réactions plutôt nerveuses. La direction a néanmoins écouté les agents en colère, certains s'exprimaient avec véhémence. La direction a fini par garantir des débuts d'avancées. Vers 12h, les ASCT parlaient ainsi de reprendre leurs fonctions. Une reprise officialisée vers 14h avec une fin de perturbations en soirée. Une dizaine d'entre eux voulaient continuer. Mais après quelques minutes de réflexion, ils ont finalement suivi la majorité de collègues qui se rendaient tour à tour à la CPST chercher une commande.

L'action aura duré un peu plus de 24h. Lors des échanges, des ASCT qui se font habituellement discrets n'ont pas hésité à prendre la parole et à exprimer leurs craintes et leur ras le bol autour des agressions. L'action de protestation des ASCT a permis d'obtenir un agent B sur le 870066 et un dispositif SUGE renforcé sur l'accueil de ce TER. La CPRS prévue sera tenue dans les plus brefs délais. Des renforts SUGE seront déployés sur les lignes d'Albi et de Montréjeau, mais la SUGE manque d'effectifs et nul ne sait si l'engagement pourra être tenu. L'UNIR sera sur la région dans une quinzaine de jours, mais la durée de leur intervention n'a pas été précisée. Une école de 7 ASCT a bien été confirmée pour février prochain. Un dispositif d'orientation spécial sera aussi organisé en gare de Montréjeau.
Une DCI unitaire devrait être déposée prochainement. Les ASCT sont en tout cas invités à prendre part pacifiquement à la prochaine séance DP qui aura lieu le 1 décembre. 

Sur la région, deux ou trois lignes posent principalement problème. Toulouse/Albi/Carmaux, Toulouse/Montréjeau/Tarbes et Toulouse/Montauban/Agen. 
Sur la ligne de Tarbes, actuellement fermée au-delà de Montréjeau pour cause de travaux (correspondances par autocars), ce sont des élèves de lycées et de CFA, la plupart internes, qui créent des incidents.

Ainsi, le 10 novembre au soir, une centaine d'entre eux se trouvaient en gare de Montréjeau quand un TER entrait en gare. Quelques-uns ont traversé les voies et fait semblant d'être percuté. Croyant avoir réellement heurté un jeune, l'ADC du TER a fini son arrêt au freinage d'urgence et est descendu totalement livide. Il a rapidement été pris à partie, ainsi que ses deux ASCT et l'ASCT du TER qui arrivait peu après à Montréjeau. Tous ont exercé leur droit de retrait et se sont repliés dans un local de service du bâtiment voyageurs. La direction leur avait demandé de ne plus en sortir. Les deux TER qu'ils devaient respectivement assurer en sens inverse se trouvaient en sursis de circulation quand un cadre transport traction sur place a essayé de faire pression pour qu'ils reprennent leurs fonctions malgré un contexte très hostile. Faisant encore malgré tout preuve de sang-froid et de lucidité, les collègues en droit de retrait ont refusé de se conformer à cet ordre, qui n'aurait jamais dû être émis. Finalement, un ADC a accepté de faire un TER pour Toulouse avec, en guise d'ASCT, le cadre transport traction. Le TER a été accompagné par la SUGE. Des renforts de forces de l'ordre ont été déployées en prévention sur les gares desservies sur le parcours. 
Les trois ASCT ont été rapatriés à Toulouse en taxi. L'un a directement repris sa charge de travail et est parti sur Auch. Les deux autres ont été reçus immédiatement par leur direction qui les a interrogés... Avant de les envoyer tous les eux sur le TER 870066 pour Carmaux, qui était déjà connu comme étant sensible. Les deux collègues encore sous le coup de l'émotion ont accepté. Efforçons-nous de ne pas essayer de s'imaginer comment auraient-ils réagi face à une nouvelle situation d'agressivité ! 

Toujours sur la ligne de Montréjeau, le 15 novembre, un ASCT a été frappé de deux coups de poings par un jeune sur le TER 872881 Toulouse 7h41/Montréjeau 9h04. Heureux hasard, un magistrat était présent à bord et a donné l'alerte lui-même. L'agresseur a été interpellé à Labarthe Inard, placé en garde à vue et jugé en comparution immédiate. L'ASCT avait été correctement pris en charge par la direction.

Et le 20 novembre au soir, le TER 872721 Toulouse 20h41/Montréjeau 22h03 fut le lieu d'une situation plutôt originale. Vu sa sensibilité, le TER était accompagné par deux ASCT. Tous deux ont estimé pouvoir s'en sortir avec la petite cinquantaine de passagers au départ de Toulouse Matabiau. Mais le premier passager contrôlé par l'un des deux ASCT était démuni de titre de transport, d'argent et de pièce d'identité et ne s'est pas montré coopératif. Le TER a été retenu à Sainte Agne pour y faire la procédure d'IDT et de RI. Les forces de l'ordre ont été prévenues mais à bord le ton est rapidement monté. L'individu récalcitrant est devenu agressif, insultant et menaçant les ASCT. Des passagers sont alors intervenus à son encontre et ont finalement évacué le passager manu militari ! Suite à quoi le TER a pu repartir, avec un retard de 20 minutes, vers Montréjeau.

Les ASCT sont souvent démunis. « Certains OPJ ont donné des consignes en disant que les demandes de RI et d'IDT pour la SNCF, c'était non, ils n’interviennent plus pour nous. Ou ils font savoir que ça les emmerde », nous informe Norman *. Et qui ajoute qu'il y'a beaucoup de gares ou de haltes dans lesquelles il est quasiment impossible de faire de procédure. « Des gares déshumanisées », déplore une autre ASCT qui a bien voulu témoigner. La déshumanisation, c’est la cause même des problèmes de sûreté. « Les gares ferment, le personnel devient une denrée rare dans les gares et dans les trains. La direction continue de vendre les projets d’EAS et de fermeture de gares aux régions pour faire croire qu’elle fera des économies mais c’est faux ! L’argent gagné avec des projets sera perdu dans les effets pervers des conséquences de la déshumanisation »

Sur la région de Toulouse, la direction a mandaté des spécialistes en sociologie et des préventeurs, ayant une formation spécifique, qui effectuent des rondes de prévention à bord des TER. Leur rôle est aussi de dresser une cartographie des lignes à problèmes. Norman* s'exclame que les spécialistes, la direction en a 400: les ASCT ! Qui vivent les choses sur le terrain chaque jour. Et il continue : « La médiation c'est bien, mais ce n'est pas dans les trains qu'elle doit être faite. Le problème, c’est que les gens n'assument pas et sont totalement déresponsabilisés » Un constat partagé par sa collègue également interrogée, qui déplore que le budget communication de l'entreprise est « utilisé dans des inepties et des discours faux au lieu qu'il le soit dans de vraies campagnes de prévention et de lutte contre les agressions » Elle ajoute

Seul point positif notable, les incidents sûreté répétés sur les trains de la ligne Toulouse/Latour de Carol, dont le "Train du jaune" ont nettement diminué. Mais ironie du sort, la direction se retrouve attaquée en justice. Les mesures qu'elle a prises pour faire cesser les problèmes déplaisent à une entreprise locale qui bénéficiait de ce trafic de passagers passant en Andorre pour se ravitailler en alcool et cigarettes.

Aujourd'hui, à Toulouse comme ailleurs, il n'est plus possible de négliger le mal être qui s'installe chez les ASCT. Incertitudes sur l'avenir du métier. Dégradation des conditions de transport des usagers déclenchant des conflits. Incidents à gérer. Et évidemment, risque quasi permanent d'agression. De plus en plus de collègues vont travailler la peur au ventre... Norman * aspire à autre chose. "Le contrôle c'est une belle chose, un beau métier mais il n'est plus valorisant et ni valorisé. Il m'a appris à ne plus être timide et à avoir de l'assurance. Mais j'ai fait le tour du métier" Il nous affirme avoir peur de "casser la gueule à quelqu'un" et développer du psoriasis, qu'il assimile à du stress du au métier.

(A l'heure ou nous finissions de travailler sur cet article, nous apprenons qu'un ASCT a été agressé ce matin entre Toulouse et Carcassonne)

* Norman est un prénom d’emprunt ; toute coïncidence avec un ASCT portant réellement ce prénom serait fortuite.

Posté par SAALCEM à 12:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 novembre 2016

[AGRESSION] Deux ASCT de Saint Etienne agressés entre Lyon et Givors Ville

Deux ASCT de l'ETSVL (Saint Etienne) ont été agressés hier mardi à bord du TER 886727 Ambérieu 13h07/Saint Etienne 14h39. Ce TER était alors assuré par un titulaire ainsi qu'une équipe de contrôle LAF de 4 ASCT.

Lors de la reprise du contrôle à bord, une fois la gare de Lyon Part Dieu desservie, l'un des quatre ASCT de la LAF constate qu'un détenteur de carte Illico Solidaire n'est pas en règle. Alors que notre collègue procéde à l'établissement de la régularisation, l'individu essaie d'atteindre le visage de notre collègue avec son poing mais le coup est esquivé. Du moins, il atteint une main qui heurte alors un objet. L'individu prend la fuite lors de l'arrêt à Givors Ville où il s'en prend à une autre ASCT. Il la bouscule, lui porte un coup au visage et l'outrage en tentant de lui prendre Accelio avant de s'en aller.
Pris en charge à Givors, les deux collègues ont été conduits à l'hôpital où leur agresseur les a retrouvé accompagné de son frère; selon la direction pour présenter des excuses. Et selon d'autres sources concordantes, pour réclamer la carte Illico Solidaire qui lui fut supprimée. Il y a été interpellé par les services de police et conduit en garde à vue. Les deux ASCT ont ensuite déposé plainte et se sont vu prescrire chacun trois jours d'ITT chacun. Ils souffrent de contusions aux mains et aux bras.

Nous souhaitons un prompt rétablissement à nos collègues et espérons qu'ils seront bien suivis dans leurs démarches judiciaires. L'auteur de l'agression sera poursuivi pour violences volontaires avec circonstances aggravantes. La direction assure qu'elle suivra de près cette affaire, et a annoncé des mesures de sûreté sur la ligne.

C'est la seconde fois qu'un ASCT de Saint Etienne est agressé en moins d'une semaine. En effet, mercredi soir, un autre ASCT avait été agressé par un voyageur sans titre de transport et ayant pris place en première classe dans le TGV 6815 Dijon/Nice Ville. Survenue vers 22h entre Cannes et Antibes, l'agression avait été particulièrement violente puisque deux ASCT avaient été blessés ainsi qu'un ADC présent en voyageur qui, lui, s'était vu prescrire 5 jours d'ITT.

Posté par SAALCEM à 11:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 novembre 2016

[AGRESSION]: Une chef de service agressée à Nantes où l'insécurité règne

Une chef de service a été agressée vendredi soir vers 18h30 en gare de Nantes où la situation était particulièrement perturbée une majeure partie de la soirée à la suite d'un enchaînement d'incidents sur le réseau Atlantique.

Tandis qu'elle donnait le départ d'un train, elle a été abordée par un quinquagénaire en état d'ivresse. Dans un premier temps, il lui fait des avances qu'elle a pu ignorer puis fuir. Mais l'homme ne s'est pas arrêté là. Après avoir pu descendre tant bien que mal les escaliers, (il a chuté à cause de son ivresse), il l'a rejoint sur un autre quai et devient alors agressif. Il exige d'abord un train dans l'immédiat pour se rendre aux Sables d'Olonne. Au fur et à mesure, son attitude est de plus en plus virulente. Un cheminot du tram train Nantais intervient pour essayer d'apaiser la situation alors qu'un autre contacte la SUGE. L'homme finit par taper la chef de service au dos et à l'épaule. Au bout de plusieurs demandes d'interventions, doublés d'appels radio au centre escale, la SUGE intervient et interpelle l'homme qui sera placé en cellule de dégrisement. La collègue agressée a été recueillie par la SUGE plus tard dans la soirée. Un dossier accident du travail a été ouvert puis une plainte a été déposée. Elle avait rendez vous cet après midi en médecine légale pour faire constater un éventuel préjudice. Nous lui souhaitons bon rétablissement et de prendre du repos.

La gare de Nantes a connu, toute l'après midi de vendredi, d'importantes perturbations dues à un accident de personne, à des alertes au colis suspect à Paris et à Nantes et à des incidents d'alimentation électrique. La tension était donc plus palpable qu'à l'accoutumée.
Les usagers ont régulièrement pris à partie les agents, allant jusqu'à les insulter de minables en les applaudissant quand une correspondance ne pouvait être assurée du fait de l'accumulation de retards. Un comportement strictement intolérable. Quelque soit la fonction ou l'entreprise, une personne n'est pas payée pour se faire traiter d'une telle manière. Même si le mécontentement est compréhensible, rien ne justifie un tel traitement irrespectueux à l'égard des cheminots. 

Contactée, une source locale indique que les effectifs de la SUGE à Nantes sont largement insuffisants. En sus, à la suite d'un appel d'offres, la société de sécurité privée a changé, et le personnel avec. Les actuels agents de sécurité sont différents selon les jours et méconnaissent la gare. Peu réactifs, ils se permettent des comportements non compatibles à leurs fonctions. Tout semble avoir été fait pour choisir l'entreprise de sécurité la plus rentable au détriment de l'assiduité des missions qui lui incombent et de la sécurité des usagers et des cheminots. Pourtant, comme d'autres gares en France, la gare de Nantes doit faire souvent face à une population de fraudeurs et de marginaux. Une telle gare devrait être équipée d'une brigade SUGE avec des effectifs conséquents et assistée d'un effectif d'agents de sécurité privés formés aux lieux et assidus dans leur tâche.

A Nantes, les esprits sont aussi tournés vers les futures conditions de travail des agents de services en gare. L'arrivée des portiques de contrôle, une non solution, inquiète. Elle sera doublée d'une réorganisation du travail et des effectifs en juillet prochain, ainsi que d'une suppression progressive des chefs de service. Une déshumanisation qui ne fera que de faire stagner l'insécurité dans la gare. Une patate chaude renvoyée sur les usagers et les agents qui resteront en poste sur le terrain.

Posté par SAALCEM à 16:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 novembre 2016

PACA: Un chef de service et un ASCT agressés; scène d'émeutes dans un TER Vintimille/Grasse

Une agression s'est déroulée ce samedi après midi, peu avant 16h en gare de Toulon. Un ASCT, en CDD, et un chef de service ont été blessés au cours de celle ci, qui intervient dans un contexte tendu d'un point de vue sûreté sur la région PACA.
Une autre, visant en particulier les passagers, s'est déroulée dans un TER Vintimille/Grasse à la halte de Ranguin.

Tout a commencé à bord du TER 8818472 Toulon 15h54 / Marseille st Charles 16h55. L'ASCT émet une annonce pour informer que le TER partirait avec un retard de 15 minutes afin de réguler le trafic ferroviaire, perturbé en amont de Toulon. Rapidement, trois individus en état d'ivresse s'agitent et prennent à partie l'ASCT. Sans titres de transports, ils augmentent leur niveau de violences lorsque le chef de service intervient au secours de l'ASCT pour l'aider à les évacuer. La tension est encore montée d'un cran, et des coups ont été portés au chef de service par l'un des trois perturbateurs. Un équipage de la lutte anti fraude, présent sur place, est intervenu à son tour pour mettre un terme aux violences. Prévenus, les services de police intervnus sur place ont interpellé deux des trois agresseurs.
Pris en charge, le chef de service et l'ASCT ont été examinés par les services médicaux. Le premier s'est vu prescrire une ITT dont nous ne préciserons pas le nombre de jours afin de ne pas déranger les suites judiciaires. Il souffre de contusions aux cervicales. Le second souffre de douleurs au dos. Tous deux ont déposé plainte.

Nous leur souhaitons un prompt rétablissement et nous les assurons de notre soutien. Nous espérons que des sentences exemplaires soient exprimées par la justice à l'égard des agresseurs. Les altercations ou agressions sont monnaie courante en gare de Toulon, où, de sources locales, les mesures de sûreté sont quasiment inexistantes. Ou trop faibles par rapport à l'étendue des problèmes. Une situation qui excède les collègues.

D'autres agressions ont eues lieues sur le secteur PACA Ouest ces derniers jours. A Miramas, un ASCT a été bousculé par un resquilleur alors que les forces de l'ordre en faisaient descendre 20 sans titres de transports. Sur la ligne de la Côte Bleue, un ASCT a eu un doigt cassé au cours d'une altercation.

En début de semaine, trois ASCT Niçois ont été agressés par deux jeunes délinquants multi récidivistes, finalement interpellés 48h après les faits. Cette agression avait déclenché un droit de retrait très localisé sur Nice. Un droit de retrait contesté par la presse, par les usagers avec à leur tête le collectif local des NTGV, mené par Eric Sauri. Et quelques jours plus tard, ce sont des passagers de la même ligne qui ont fait les frais du manque de moyens humains dénoncé par les cheminots.


Car, toujours ce samedi, une bande de plusieurs dizaines de jeunes est montée à bord du TER 86048 Vintimille 16h34/Grasse 18h38 lors de l'arrêt à Ranguin (Cannes Nord). Pendant plusieurs minutes, ils ont agressé les passagers avec des gaz lacrymogène et des coups. Ils ont, en outre, menacé d'attaquer tous les TER de la ligne durant le week end. Ils se sont rapidement dispersés, prenant la fuite vers des espaces publics aux alentours de la gare. Trois passagers ont été pris en charge par les secours et hospitalisés.
En conséquence, des mesures de sûreté immédiates ont été prises avec des accompagnements renforcés des trains TER sur cet axe. Les agents d'accompagnement et de conduite pourront, en cas de non mesures sur leur train, exercer leur droit de retrait.

Quoi qu'on en dise, les agressions ou actes de délinquance sont particulièrement nombreux, et parfois violents, sur les lignes de la région PACA. Les cheminots sont exaspérés par l'augmentaiton des faits et de leurs violence. Ils le sont tout autant au sujet du mutisme de la direction qui préfère se concentrer sur l'EAS et la mise en place des EMI au lieu d'humaniser plus qu'actuellement les TER et les gares. Le projet EAS ne fera qu'aggraver la situation, déjà critique.

Posté par SAALCEM à 23:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 novembre 2016

AGRESSION DU 881115: Retour sur les faits et réactions

Dans notre précédent article, nous relations l'agression du TER 881115 Grasse 11h25 - Cannes 11h49/11h51 - Menton 13h17 survenue lundi 31 octobre vers 11h30 entre Grasse et Mouans Sartoux, deux gares distantes de 9 minutes de trajet.
Nous bénéficions alors de quelques éléments. Mais aujourd'hui, plusieurs sources locales et concordantes nous ont donné des informations, que nous espérons le moins erronées possibles, qui nous amènent à rédiger un nouvel article. L'agression a, en réalité, été plus violente que ce qui nous a été annoncé hier. Et le fait que les blessures n'aient, heureusement, ni été plus graves et ni fatales est quasiment miraculeux.

LES FAITS: 3 ASCT AGRESSÉS

Nous n'apporterons néanmoins, par respect et par prudence, pas de détails sur les faits. Toujours est il que ce TER était assuré par trois ASCT de l'UO TER de Nice. L'un était titulaire et les deux autres étaient en renfort. Deux jeunes connus et signalés maintes fois sur la ligne par les collègues locaux se présentent à la montée en gare de Grasse. Les ASCT leur demandent si ils ont des billets et répondent par l'affirmative. Dés le TER parti, les deux individus commencent à présenter un comportement agressif à bord. Nos collègues ASCT vont à leur rencontre. Constatant une irrégularité, ils voyageaient sans titre de transport, ils leur demandent de se mettre en règle. Mais les deux comparses ne l'entendent pas de cette oreille. Le ton monte rapidement et subitement, l'un des deux jeunes assène un coup de poing à l'un des ASCT. La suite? C'est une lutte de près de 5 minutes avec un ASCT au sol, un autre qui lutte avec les deux individus et une ASCT qui prévient l'agent de conduite puis la sûreté. Un violent affrontement pendant lequel le premier des deux ASCT frappés l'aurait encore été une fois au sol. Le TER arrivant à Mouans Sartoux, l'ADC bloque les portes. Mais les deux comparses ont finalement ouvert une porte avec une poignée de déverrouillage de secours et se sont enfuis.

Pris en charge sur place, les ASCT ont été conduits à l'hôpital. La direction a assuré la suite de la prise en charge. Des plaintes ont été déposées. Le TER a été terminus Mouans Sartoux. Les bandes de vidéo-surveillance du TER et de la gare ont été confiées aux enquêteurs.

Nous réaffirmons une nouvelle fois notre plus total soutien à nos collègues agressés et leur présentons nos voeux de prompt rétablissement.

EXERCICE DU DROIT DE RETRAIT 

Les ASCT de Nice ont rapidement exercé leur droit de retrait face à cette agression de trop. Mais malgré la violence de l'agression, les ASCT des autres résidences de l'ECT PACA n'ont pas suivi le droit de retrait. Des avancées ont été obtenues avec entres autres des mesures d'accompagnement pour les ASCT du CBN, des renforts en effectifs SUGE et des réunions de sûreté avec les autorités locales. A 18h, les 39 ASCT qui exerçaient leur droit de retrait et réunis à l'UO de Nice ont décidé de la reprise du travail, s'estimant satisfaits par ces premières mesures.

Dans l'après midi, Christian Estrosi, président de la Région PACA, a apporté son soutien aux collègues agressé et a sous entendu persister dans ses projets d'EAS et d'EMI = Équipe d'Intervention Mobile. Un projet qui ne fera que d'empirer la situation actuelle, comme partout où l'EAS a été déployé.

CESTROSI

RÉACTIONS D'USAGERS ET D'ASCT DE NICE

Ce matin, E. Sauri, responsable du collectif des NTGV s'est exprimé sur la page du collectif. Il juge que le droit de retrait est, nous citons: "Illégal, illégitime et irresponsable" Cet ancien abonné du travail, qui ne l'est plus depuis 2010 et qui occupe une fonction dans une mairie de droite, se prend pour un juge et se permet de prendre une position qu'il n'est en aucun cas habilité à prendre. Seule l'inspection du travail et un juge prud'homal peuvent statuer. Des fonctions que Mr Sauri n'exerce pas, en tout cas, certainement pas sur les réseaux sociaux.

NTGV

Plus tard dans la journée, un présumé abonné du travail de la ligne a exprimé des envies de violences dans un statut contradictoire. Soulignons qu'il arbore une photo de profil SIEU NISSA, que l'on pense dédiée aux victimes de l'acte choquant du 14 juillet 2016, mais qu'il prône quand même la violence.

ANGE DI MAGGIO

 Un autre, aux capacités de réflexion apparemment limitées, se réjouit des faits et en prône d'autres.

ALI MENTATION 01

ALI MENTATION 02

 

Sur le fil de commentaires Facebook de Nice Matin, les commentaires sont parfois eux aussi violents. Des diatribes de haine inouïes. Nous n'avions jamais vu de tels commentaires en réaction à des agressions sur d'autres régions, même celles suivies de droit de retrait massifs, voir ICI (si l'envie vous tente)

En revanche, la Cuneo Nizza Unisce, collectif des usagers de la ligne des Merveilles, le discours est tout autre. 

CNU 01


Contacté par téléphone dans la soirée, un ASCT de Nice nous confie:

"Ça fait des années que nous sommes pris entre trois problèmes récurrents sur les lignes TER Nice. Déjà, les incidents à répétition dus à la saturation des voies et des gares et au vieillissement de l'infra. Le trafic est intense pour nos voies et les effectifs humains manquent pour gérer tout ce trafic et les nombreux voyageurs quotidiens. Ensuite, la délinquance qui fleurit sur la ligne. La Côte d'Azur et ses richesses attirent des convoitises. Les usagers de nos lignes ne sont pas du tout méfiants et se font souvent agresser pour se faire voler leurs smart-phones ou leurs appareils de valeur.
Et enfin, les incivilités des usagers pendulaires. Des abonnés qui, je le conçois, sont excédés des conditions de transport. Que nous subissons nous aussi. Mais qui ont tendance à être violents envers nous. Les usagers sont fédérés par un collectif que l'on sait virulent dans ses propos. Des propos qui n'aménent pas la sympathie envers nous. Il n'y a qu'ici, en PACA et à Nice que l'on a une association d'usagers aussi virulente. Ils disent s'en prendre aux décideurs. Mais c'est bien nous qui sommes visés. Nous subissons des conséquences sur le terrain. Les coups que l'on nous porte discrètement pendant nos rondes. Les tentatives de croche pieds. Certaines fois nous sommes même volontairement bousculés. C'est inamissible de laisser courir  ces choses. Les collègues n'osent presque plus en parler car les OS et la direction ne réagissent pas assez. Ils pensent que c'est normal. Localement on nous dit juste de nous préserver. On se retire de nos trains quand on voit que nous ne pourrons pas travailler en toute sérénité. Ce n'est pas normal d'en arriver là, de laisser 500 passagers en rade de train à Cannes, à Antibes ou à Nice parce que des cas isolés font monter la pression et qu'on la subit. On a besoin de soutien de tout le monde pour que tout se passe bien pour tous, usagers, agents et direction"

Une situation qui dure et qui s'enlise. Une direction qui reste quasi muette qui risque d'être mise face à ses responsabilités. Des OS qui réagissent au coup par coup. Une solidarité devenue inexistante dans un des ECT qui est pourtant le plus fort en revendications sur l'ensemble du territoire. Un collectif d'usagers qui déraille; et qui est le seul en France parmi les nombreux que nous sommes amenés à côtoyer à se comporter de cette manière. Nos collègues de Nice sont loin d'être dans une position confortable au travail et nous n'avons rien à leur envier. A part la beauté du paysage et le soleil qui brille 2700h par an.

Posté par SAALCEM à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]