Dans notre précédent article, nous relations l'agression du TER 881115 Grasse 11h25 - Cannes 11h49/11h51 - Menton 13h17 survenue lundi 31 octobre vers 11h30 entre Grasse et Mouans Sartoux, deux gares distantes de 9 minutes de trajet.
Nous bénéficions alors de quelques éléments. Mais aujourd'hui, plusieurs sources locales et concordantes nous ont donné des informations, que nous espérons le moins erronées possibles, qui nous amènent à rédiger un nouvel article. L'agression a, en réalité, été plus violente que ce qui nous a été annoncé hier. Et le fait que les blessures n'aient, heureusement, ni été plus graves et ni fatales est quasiment miraculeux.

LES FAITS: 3 ASCT AGRESSÉS

Nous n'apporterons néanmoins, par respect et par prudence, pas de détails sur les faits. Toujours est il que ce TER était assuré par trois ASCT de l'UO TER de Nice. L'un était titulaire et les deux autres étaient en renfort. Deux jeunes connus et signalés maintes fois sur la ligne par les collègues locaux se présentent à la montée en gare de Grasse. Les ASCT leur demandent si ils ont des billets et répondent par l'affirmative. Dés le TER parti, les deux individus commencent à présenter un comportement agressif à bord. Nos collègues ASCT vont à leur rencontre. Constatant une irrégularité, ils voyageaient sans titre de transport, ils leur demandent de se mettre en règle. Mais les deux comparses ne l'entendent pas de cette oreille. Le ton monte rapidement et subitement, l'un des deux jeunes assène un coup de poing à l'un des ASCT. La suite? C'est une lutte de près de 5 minutes avec un ASCT au sol, un autre qui lutte avec les deux individus et une ASCT qui prévient l'agent de conduite puis la sûreté. Un violent affrontement pendant lequel le premier des deux ASCT frappés l'aurait encore été une fois au sol. Le TER arrivant à Mouans Sartoux, l'ADC bloque les portes. Mais les deux comparses ont finalement ouvert une porte avec une poignée de déverrouillage de secours et se sont enfuis.

Pris en charge sur place, les ASCT ont été conduits à l'hôpital. La direction a assuré la suite de la prise en charge. Des plaintes ont été déposées. Le TER a été terminus Mouans Sartoux. Les bandes de vidéo-surveillance du TER et de la gare ont été confiées aux enquêteurs.

Nous réaffirmons une nouvelle fois notre plus total soutien à nos collègues agressés et leur présentons nos voeux de prompt rétablissement.

EXERCICE DU DROIT DE RETRAIT 

Les ASCT de Nice ont rapidement exercé leur droit de retrait face à cette agression de trop. Mais malgré la violence de l'agression, les ASCT des autres résidences de l'ECT PACA n'ont pas suivi le droit de retrait. Des avancées ont été obtenues avec entres autres des mesures d'accompagnement pour les ASCT du CBN, des renforts en effectifs SUGE et des réunions de sûreté avec les autorités locales. A 18h, les 39 ASCT qui exerçaient leur droit de retrait et réunis à l'UO de Nice ont décidé de la reprise du travail, s'estimant satisfaits par ces premières mesures.

Dans l'après midi, Christian Estrosi, président de la Région PACA, a apporté son soutien aux collègues agressé et a sous entendu persister dans ses projets d'EAS et d'EMI = Équipe d'Intervention Mobile. Un projet qui ne fera que d'empirer la situation actuelle, comme partout où l'EAS a été déployé.

CESTROSI

RÉACTIONS D'USAGERS ET D'ASCT DE NICE

Ce matin, E. Sauri, responsable du collectif des NTGV s'est exprimé sur la page du collectif. Il juge que le droit de retrait est, nous citons: "Illégal, illégitime et irresponsable" Cet ancien abonné du travail, qui ne l'est plus depuis 2010 et qui occupe une fonction dans une mairie de droite, se prend pour un juge et se permet de prendre une position qu'il n'est en aucun cas habilité à prendre. Seule l'inspection du travail et un juge prud'homal peuvent statuer. Des fonctions que Mr Sauri n'exerce pas, en tout cas, certainement pas sur les réseaux sociaux.

NTGV

Plus tard dans la journée, un présumé abonné du travail de la ligne a exprimé des envies de violences dans un statut contradictoire. Soulignons qu'il arbore une photo de profil SIEU NISSA, que l'on pense dédiée aux victimes de l'acte choquant du 14 juillet 2016, mais qu'il prône quand même la violence.

ANGE DI MAGGIO

 Un autre, aux capacités de réflexion apparemment limitées, se réjouit des faits et en prône d'autres.

ALI MENTATION 01

ALI MENTATION 02

 

Sur le fil de commentaires Facebook de Nice Matin, les commentaires sont parfois eux aussi violents. Des diatribes de haine inouïes. Nous n'avions jamais vu de tels commentaires en réaction à des agressions sur d'autres régions, même celles suivies de droit de retrait massifs, voir ICI (si l'envie vous tente)

En revanche, la Cuneo Nizza Unisce, collectif des usagers de la ligne des Merveilles, le discours est tout autre. 

CNU 01


Contacté par téléphone dans la soirée, un ASCT de Nice nous confie:

"Ça fait des années que nous sommes pris entre trois problèmes récurrents sur les lignes TER Nice. Déjà, les incidents à répétition dus à la saturation des voies et des gares et au vieillissement de l'infra. Le trafic est intense pour nos voies et les effectifs humains manquent pour gérer tout ce trafic et les nombreux voyageurs quotidiens. Ensuite, la délinquance qui fleurit sur la ligne. La Côte d'Azur et ses richesses attirent des convoitises. Les usagers de nos lignes ne sont pas du tout méfiants et se font souvent agresser pour se faire voler leurs smart-phones ou leurs appareils de valeur.
Et enfin, les incivilités des usagers pendulaires. Des abonnés qui, je le conçois, sont excédés des conditions de transport. Que nous subissons nous aussi. Mais qui ont tendance à être violents envers nous. Les usagers sont fédérés par un collectif que l'on sait virulent dans ses propos. Des propos qui n'aménent pas la sympathie envers nous. Il n'y a qu'ici, en PACA et à Nice que l'on a une association d'usagers aussi virulente. Ils disent s'en prendre aux décideurs. Mais c'est bien nous qui sommes visés. Nous subissons des conséquences sur le terrain. Les coups que l'on nous porte discrètement pendant nos rondes. Les tentatives de croche pieds. Certaines fois nous sommes même volontairement bousculés. C'est inamissible de laisser courir  ces choses. Les collègues n'osent presque plus en parler car les OS et la direction ne réagissent pas assez. Ils pensent que c'est normal. Localement on nous dit juste de nous préserver. On se retire de nos trains quand on voit que nous ne pourrons pas travailler en toute sérénité. Ce n'est pas normal d'en arriver là, de laisser 500 passagers en rade de train à Cannes, à Antibes ou à Nice parce que des cas isolés font monter la pression et qu'on la subit. On a besoin de soutien de tout le monde pour que tout se passe bien pour tous, usagers, agents et direction"

Une situation qui dure et qui s'enlise. Une direction qui reste quasi muette qui risque d'être mise face à ses responsabilités. Des OS qui réagissent au coup par coup. Une solidarité devenue inexistante dans un des ECT qui est pourtant le plus fort en revendications sur l'ensemble du territoire. Un collectif d'usagers qui déraille; et qui est le seul en France parmi les nombreux que nous sommes amenés à côtoyer à se comporter de cette manière. Nos collègues de Nice sont loin d'être dans une position confortable au travail et nous n'avons rien à leur envier. A part la beauté du paysage et le soleil qui brille 2700h par an.