Une chef de service a été agressée vendredi soir vers 18h30 en gare de Nantes où la situation était particulièrement perturbée une majeure partie de la soirée à la suite d'un enchaînement d'incidents sur le réseau Atlantique.

Tandis qu'elle donnait le départ d'un train, elle a été abordée par un quinquagénaire en état d'ivresse. Dans un premier temps, il lui fait des avances qu'elle a pu ignorer puis fuir. Mais l'homme ne s'est pas arrêté là. Après avoir pu descendre tant bien que mal les escaliers, (il a chuté à cause de son ivresse), il l'a rejoint sur un autre quai et devient alors agressif. Il exige d'abord un train dans l'immédiat pour se rendre aux Sables d'Olonne. Au fur et à mesure, son attitude est de plus en plus virulente. Un cheminot du tram train Nantais intervient pour essayer d'apaiser la situation alors qu'un autre contacte la SUGE. L'homme finit par taper la chef de service au dos et à l'épaule. Au bout de plusieurs demandes d'interventions, doublés d'appels radio au centre escale, la SUGE intervient et interpelle l'homme qui sera placé en cellule de dégrisement. La collègue agressée a été recueillie par la SUGE plus tard dans la soirée. Un dossier accident du travail a été ouvert puis une plainte a été déposée. Elle avait rendez vous cet après midi en médecine légale pour faire constater un éventuel préjudice. Nous lui souhaitons bon rétablissement et de prendre du repos.

La gare de Nantes a connu, toute l'après midi de vendredi, d'importantes perturbations dues à un accident de personne, à des alertes au colis suspect à Paris et à Nantes et à des incidents d'alimentation électrique. La tension était donc plus palpable qu'à l'accoutumée.
Les usagers ont régulièrement pris à partie les agents, allant jusqu'à les insulter de minables en les applaudissant quand une correspondance ne pouvait être assurée du fait de l'accumulation de retards. Un comportement strictement intolérable. Quelque soit la fonction ou l'entreprise, une personne n'est pas payée pour se faire traiter d'une telle manière. Même si le mécontentement est compréhensible, rien ne justifie un tel traitement irrespectueux à l'égard des cheminots. 

Contactée, une source locale indique que les effectifs de la SUGE à Nantes sont largement insuffisants. En sus, à la suite d'un appel d'offres, la société de sécurité privée a changé, et le personnel avec. Les actuels agents de sécurité sont différents selon les jours et méconnaissent la gare. Peu réactifs, ils se permettent des comportements non compatibles à leurs fonctions. Tout semble avoir été fait pour choisir l'entreprise de sécurité la plus rentable au détriment de l'assiduité des missions qui lui incombent et de la sécurité des usagers et des cheminots. Pourtant, comme d'autres gares en France, la gare de Nantes doit faire souvent face à une population de fraudeurs et de marginaux. Une telle gare devrait être équipée d'une brigade SUGE avec des effectifs conséquents et assistée d'un effectif d'agents de sécurité privés formés aux lieux et assidus dans leur tâche.

A Nantes, les esprits sont aussi tournés vers les futures conditions de travail des agents de services en gare. L'arrivée des portiques de contrôle, une non solution, inquiète. Elle sera doublée d'une réorganisation du travail et des effectifs en juillet prochain, ainsi que d'une suppression progressive des chefs de service. Une déshumanisation qui ne fera que de faire stagner l'insécurité dans la gare. Une patate chaude renvoyée sur les usagers et les agents qui resteront en poste sur le terrain.